Dans le secteur des OBNL, les employé.e.s se dévouent souvent à la mission de leur employeur, à sa cause et à l’équipe. Cette situation peut rendre les décisions de renvoi encore plus difficiles. Si vous êtes contraint.e.s de renvoyer des employé.e.s, rappelez-vous les points suivants :
Même si votre organisation suit des conseils juridiques et un processus adéquat, il est possible que l’employé.e concerné.e intente une poursuite judiciaire à la suite du renvoi. Afin de réduire la probabilité d’un tel résultat et d’augmenter les chances d’une défense efficace si ce scénario s’avérait, l’employeur devrait suivre les consignes suivantes :
Mettez en place une politique de renvoi et intégrez une clause de renvoi dans tous les contrats de travail. Pendant l’intégration, informez les employé.e.s de cette politique et de la politique sur les mesures disciplinaires progressives. Ainsi, un.e employé.e ne pourra pas être pris.e au dépourvu par son renvoi.
Expliquez clairement les comportements attendus à tout.e employé.e.s qui commence à travailler pour votre organisation et réaffirmer la politique de renvoi. L’employé.e doit bénéficier d’une supervision adéquate, de rétroaction sur son rendement et de temps pour s’améliorer.
Il est important d’aborder immédiatement les problèmes de comportement et de rendement. Dans le secteur des OBNL, les employeurs doivent aussi informer à temps les employé.e.s des enjeux de financement si leur emploi en dépend. L’arrêt de financement ne libère pas l’employeur de son obligation de donner un préavis ou de verser une indemnité tenant lieu de préavis. Cependant, une conversation franche peut éviter une mauvaise surprise à l’employé.e.
Pour en savoir plus sur la gestion du rendement des employé.e.s, consultez l’article sur la gestion du rendement.
Votre organisation doit mettre en place une politique de renvoi conforme aux normes du travail dans votre région. Dans ce document, précisez les points suivants :
Si l’employé.e doit être renvoyé.e, que ce soit avec ou sans cause, l’employeur doit le.la traiter avec dignité et agir avec professionnalisme. L’employeur doit assurer la confidentialité du processus de renvoi et agir avec respect et compassion.
Si un.e employé.e estime avoir subi un congédiement abusif et décide de poursuivre votre organisation, le traitement qu’il.elle aura reçu avant, pendant et après le renvoi fera partie de la preuve étudiée pour arriver à une décision.
Si l’employeur n’a pas agi de « bonne foi » envers l’employé.e, une cour pourrait lui ordonner de verser une compensation supplémentaire à l’employé.e en prolongeant la période de préavis. On parle alors de dommages-intérêts de type Wallace.
Dans l’arrêt Wallacelien ouvre dans un nouvel onglet, une décision bien connue en matière de congédiement, la Cour suprême du Canada écrivait :
« Dans le cas d’un congédiement, les employeurs doivent être francs, raisonnables et honnêtes avec leurs employés et éviter de se comporter de façon inéquitable ou de faire preuve de mauvaise foi en étant, par exemple, menteurs, trompeurs ou trop implacables. »
Une autre étape du processus à considérer est le déroulement même du renvoi, en particulier s’il prend effet immédiatement, comme dans le cas d’un congédiement avec cause ou d’un congédiement sans cause avec versement d’une indemnité tenant lieu de préavis.
Même dans les cas d’une inconduite grave, l’employeur doit démontrer que la situation a été évaluée adéquatement. Ainsi, il peut être plus judicieux de suspendre l’employé.e avec salaire en attendant les résultats de l’enquête que de le.la congédier prématurément. Il est important de bien planifier les étapes à suivre le jour où l’employé.e est informé.e de son renvoi.
Si vous devez renvoyer un.e employé.e estimé.e pour des raisons hors de votre contrôle, mettez l’accent sur ses forces et offrez-lui votre aide pour trouver un nouvel emploi, p. ex. en le.la mettant en contact avec service de transition d’emploi.
Lorsque le renvoi donne lieu à un différend, l’employé.e a plusieurs possibilités pour arriver à une résolution. Il.elle peut intenter une poursuite auprès de la commission des droits de la personne de sa région, des autorités responsables du respect des normes de travail, ou en cour. Dans le cas d’un différend, l’employeur doit consulter un.e avocat.e.
On parle de congédiement déguisé lorsqu’un changement fondamental qui s’apparente à un congédiement est apporté à la relation de travail. L’employeur peut faire l’objet d’une plainte pour congédiement déguisé s’il, sans le consentement de l’employé.e :
D’autres situations peuvent également donner lieu à un congédiement déguisé. Ainsi, il est question d’un congédiement déguisé lorsque l’employeur apporte un changement substantiel aux conditions qui régissent la relation de travail et que l’employé.e démissionne au lieu d’accepter ce changement. Il doit être clair que l’employé.e n’accepte pas le changement. De même, en refusant de démissionner, l’employé.e accepte les nouvelles conditions de son emploi.
L’employé.e peut poursuivre l’employeur pour congédiement déguisé devant les tribunaux ou, dans certaines régions, auprès de l’autorité responsable du respect des normes du travail. En jugeant le fond de l’affaire, le tribunal décide si le caractère fondamental du changement apporté à la relation de travail était tel qu’il équivaut à un renvoi. S’il conclut que c’est le cas, le tribunal déterminera également une compensation appropriée.
Le congédiement abusif est une revendication légale faite devant un tribunal, selon laquelle l’employeur n’a pas fourni, au moment de renvoyer l’employé.e, un préavis ou une indemnité tenant lieu de préavis suffisante.
Si cette allégation est justifiée, le tribunal déterminera ce qui constitue un « préavis raisonnable » ainsi qu’une compensation financière adéquate tenant lieu de préavis. La décision du tribunal dépendra du contrat de travail entre l’employeur et l’employé.e, qu’il soit écrit ou verbal, et de la common law ou du droit civil au Québec.
Dans les systèmes de la common law, les tribunaux déterminent le « préavis raisonnable » en tenant compte de l’âge, de la profession, de l’expérience, de la durée de service et de la nature de l’emploi de l’employé.e, ainsi que d’éléments relatifs à la capacité de l’employé.e à trouver un emploi semblable. La période de préavis et les paiements tenant lieu de préavis déterminés par le tribunal dépassent souvent de loin ce qui est exigé par la loi, notamment pour les postes de direction.
Dans les dossiers de congédiement abusif, le tribunal évaluera également le traitement que l’employé.e a reçu avant, pendant et après le renvoi. Si l’employeur a agi de mauvaise foi, le montant de dommages-intérêts accordé à l’employé.e pourrait être encore plus élevé.