Vous, ou un.e cadre supérieur.e de votre organisation, devez connaître tous les détails du problème de comportement ou de rendement avant de décider si des mesures disciplinaires s’imposent. Les étapes à suivre et la méthode utilisée varient en fonction des circonstances, mais vous devez procéder rapidement afin de recueillir les informations factuelles relatives à la situation.
Si le problème de comportement ou de rendement est mineur, p. ex. un problème lié à la présence de l’employé.e, la recherche des faits peut se faire pendant les réunions de supervision habituelles.
Toutefois, si le problème est majeur, p. ex. la violation ponctuelle d’une règle ou d’une politique, l’organisation doit suivre un processus distinct de recherche des faits et en informer l’employé.e. À cette étape, vous devez décider s’il est nécessaire d’avoir recours à de l’expertise externe, p. ex. un.e consultant.e ou un.e avocat.e.
Dans des circonstances très sérieuses, il peut être nécessaire de retirer l’employé.e du milieu de travail pendant la recherche des faits afin de protéger la santé et la sécurité des autres membres de l’équipe. Demandez-vous également si l’organisation a les connaissances et les compétences requises pour mener cette enquête et si elle devrait faire appel à de l’aide professionnelle externe.
La collecte d’informations peut comporter les étapes suivantes :
Pendant la collecte d’informations, veillez à la protection de la confidentialité de toutes les personnes concernées et à ce que les informations ne soient transmises aux personnes qui doivent absolument les connaître. Une fois la collecte terminée, tout le matériel pertinent doit être étudié et évalué par rapport aux politiques et aux directives en matière de rendement et de comportement en vigueur dans votre organisation.
Après la fin de la collecte et de l’évaluation d’informations :
Après avoir acquis une bonne compréhension du problème de comportement ou de rendement, vous devez déterminer la gravité de la situation et la réponse adéquate. Cette décision doit être prise de manière équitable, de bonne foi et de manière à assurer un traitement cohérent dans l’ensemble de l’organisation.
Votre réflexion sur les mesures disciplinaires doit, entre autres, tenir compte des éléments suivants :
La durée de service et les antécédents de l’employé.e influencent la sévérité des mesures disciplinaires retenues. Ainsi, un.e employé.e de longue date sans antécédents se verra imposer des mesures moins strictes qu’un.e nouvel.le employé.e avec des antécédents.
En même temps, la durée de service ne peut servir d’excuse pour le mauvais comportement d’un.e employé.e ou lui éviter toute mesure disciplinaire.
En évaluant les antécédents de l’employé.e, posez les questions suivantes :
S’il y a une forte indication que l’employé.e savait que ses gestes pourraient avoir de sérieuses répercussions ou qu’il.elle a enfreint les règles en toute connaissance de cause, il sera probablement plus approprié d’adopter des mesures disciplinaires plus sévères. Un problème motivé par l’insouciance ou l’inattention pourrait justifier des mesures moins sévères.
Vous devez décider quelles infractions sont de nature mineure, majeure ou constituent d’emblée un motif de licenciement. Ensuite, réfléchissez à la gravité du problème et à ses effets sur votre organisation et ses employé.e.s. La gravité de l’infraction doit être déterminée en fonction des lois et de la réglementation pertinentes, dont la législation en matière de santé et de sécurité au travail, le Code criminel du Canada et les lois en matière des droits de la personne. Veillez à documenter la législation en vigueur et à la communiquer régulièrement à l’ensemble des employé.e.s.
La gravité de l’infraction peut également varier en fonction du milieu de travail. Ainsi, dans un environnement de bureau, le fait de fumer pourrait être considéré comme une infraction mineure. Par contre, dans une usine chimique où sont manipulées des substances inflammables, ce même geste pourrait être considéré comme une infraction majeure en raison des conséquences négatives potentielles.
La liste suivante contient différentes infractions dont le degré de gravité pourrait être déterminé à l’avance dans une politique de votre organisation.
Comment les cas d’autres employé.e.s ayant le même comportement ont-ils été traités? Vous devez appliquer les mêmes mesures disciplinaires en réaction à des comportements semblables dans des circonstances similaires, sans quoi le processus n’est pas équitable et vous risquez de perdre la confiance des employé.e.s dans le processus. Il est plus difficile de justifier des mesures disciplinaires qui sont incohérentes avec celles adoptées à l’égard d’autres employé.e.s pour des infractions semblables.
Les gestes de l’employé.e ont-ils été provoqués par une autre personne?
L’employé.e a-t-il.elle admis son mauvais comportement et s’est-il.elle excusé.e? Si oui, cette réaction pourrait être considérée comme un élément positif et réduire la sévérité des mesures envisagées.
Les problèmes de santé mentale ne peuvent servir d’excuse pour les gestes posés par l’employé.e, mais ils contribuent à la mise en contexte de la situation. Ainsi, si un membre de votre équipe a récemment vécu une crise personnelle ou dans sa communauté, puis, agit de façon non professionnelle envers un.e collègue, il sera important de comprendre les raisons pouvant expliquer ce comportement. Demandez-vous si cette personne aurait agi de la même manière dans des circonstances normales.